1979-1988 : l’occupation soviétique

Extraits vidéo sur ina.fr : Afghanistan : de l’indépendance à la chute des talibans

Une sanglante révolution prosoviétique entamée en 1978 provoque la révolte de la majorité de la population. Le 24 décembre 1979, les Soviétiques envoient l’Armée rouge en Afghanistan où ils instaurent un régime communiste dirigé par Karmal puis, à partir de 1986, par Najibullah. La plupart des pays occidentaux protestent contre cette intervention. Mais les Soviétiques sont bien décidés à rester.

La résistance islamique appelle à la jihad, la guerre sainte, pour chasser l’envahisseur étranger. Les moudjahidin sont soutenus par les États-Unis, le Pakistan, la Chine et l’Arabie saoudite. Neuf ans de guérilla sanglante laissent le pays décimé et en ruine. Plus de 6 millions d’Afghans se sont réfugiés à l’étranger. L’Armée soviétique qui a subi d’épouvantables pertes entame son retrait en 1988.

1992-1996 : la guerre civile

L’envahisseur parti, les conflits internes se réveillent, plus vifs que jamais. Quand le régime communiste maintenu autour de Kaboul s’effondre en 1992, les différentes factions moudjahidines se disputent le pouvoir. L’élection du président Rabani à la tête d’une coalition ne réussit pas à empêcher la guerre civile. Animées par leurs divergences ethniques, culturelles, religieuses, les différentes factions se livrent une guerre sans pitié. Elles utilisent les armes que leur ont fournies en abondance les États-Unis, le Pakistan et l’Arabie Saoudite pour lutter contre les Soviétiques. Kaboul est bombardé à plusieurs reprises, les morts se comptent par dizaines de milliers. Le climat de violence, d’anarchie et de corruption qui règne alors explique la popularité du mouvement des talibans à ses débuts.

1996 : l’arrivée des talibans

Soutenus par le Pakistan, les talibans s’emparent de Kaboul le 27 septembre et instaurent un régime islamiste dirigé par le mollah Omar. Deux ans plus tard, le 20 août 1998, ils conquièrent la dernière grande ville du pays qui leur échappait encore : Mazar-e-Sharif. Avec eux s’ouvre le temps de la terreur et de l’intolérance au nom d’un islamisme radical. La plus grande force de résistance aux talibans reste l’Alliance du Nord, retranchée dans le nord-est du pays et dirigée par le commandant Massoud.Le 20 août 1998, en représailles aux attentats commis contre leurs ambassades en Tanzanie et au Kenya, les États-Unis bombardent les camps d’entraînement d’Oussama Ben Laden en Afghanista, où ce milliardaire saoudien, chef du puissant réseau terroriste Al-Qaida, a trouvé refuge auprès des talibans. Le 6 juillet 1999, les États-Unis prennent des sanctions contre le régime taliban. Le 19 décembre 2000, l’ONU impose de nouvelles sanctions.

2001 : les événements se précipitent

Le 9 septembre, le commandant Massoud est tué lors d’un attentat suicide perpétré par deux faux journalistes islamistes. Le 11 septembre, les attentats terroristes sans précédent perpétrés aux États-Unis déclenchent une guerre contre tous les régimes qui abritent des terroristes, au premier rang desquels celui des talibans qui abritent Oussama Ben Laden. Le 7 octobre débutent des frappes militaires américaines en Afghanistan. Le régime des talibans s’effondre deux mois plus tard. En décembre à Berlin, une réunion, sous l’égide de l’Onu, nomme Hamid Karzaï à la tête d’un gouvernement de transition. De nombreux réfugiés rentrent dans leur pays.