Histoire de l’Afghanistan

La place centrale de l’Afghanistan au cœur du continent asiatique en fait un carrefour culturel stratégique et convoité. Point de passage capital pour les caravanes de la Route de la Soie, le pays bénéficia de l’influence de nombreux peuples, parmi lesquels les Turcs, les Perses, les Indiens, les Moghols et les Grecs, ce qui donna naissance à une culture très riche. Malheureusement sa position en fit également une proie de choix pour de nombreux conquérants tels que Gengis Khan, Alexandre le Grand, les Perses afsharides…..

paysage afghan

L’Afghanistan devient un pays indépendant en 1747 après la dislocation de l’Empire Perse.  Rongé par des dissensions internes, le pays connaît de longues périodes d’instabilité caractérisées par l’assassinat ou l’abdication de nombreux rois. Les Britanniques exploitèrent cette  instabilité récurrente pour exercer leur influence dans cette zone jugée stratégique sur la route des Indes.  Désireux de contenir l’expansionnisme russe au Nord du pays, les Britanniques décidèrent de s’emparer de l’Afghanistan en 1842 mais, confrontés à la forte résistance des troupes afghanes, l’opération fût un désastre. En 1919, l’Afghanistan décide de se soustraire à l’influence britannique et déclare la guerre au Royaume Uni. Cette guerre d’indépendance se solde par la signature d’un traité de paix en août 1919. Toutefois l’instabilité demeure en Afghanistan.

1979-1988 : l’occupation soviétique

L’Afghanistan devient un enjeu de la guerre froide lorsque l’URSS décide de soutenir le pays pour faire face au Pakistan soutenu par les Etats-Unis. En 1978, les pro-communistes provoquent un coup d’état et instaurent des lois qui entrainent la révolte de la majorité de la population.

Le 24 décembre 1979, les Soviétiques envoient l’Armée rouge en Afghanistan où ils instaurent un régime communiste dirigé par Karmal puis, à partir de 1986, par Najibullah. La plupart des pays occidentaux protestent contre cette intervention. Mais les Soviétiques sont bien décidés à rester.

La résistance islamique appelle au jihad, la guerre sainte, pour chasser l’envahisseur étranger. Les moudjahidins sont soutenus par les États-Unis, le Pakistan, la Chine et l’Arabie Saoudite. Neuf ans de guérilla sanglante laissent le pays décimé et en ruine. Plus de 6 millions d’Afghans se sont réfugiés à l’étranger. L’armée soviétique qui a subi d’épouvantables pertes entame son retrait en 1988.

1992-1996 : la guerre civile

L’envahisseur parti, les conflits internes se réveillent, plus vifs que jamais. Quand le régime communiste maintenu autour de Kaboul s’effondre en 1992, les différentes factions moudjahidines se disputent le pouvoir. L’élection du président Rabani à la tête d’une coalition ne réussit pas à empêcher la guerre civile. Animées par leurs divergences ethniques, culturelles, religieuses, les différentes factions se livrent une guerre sans pitié. Elles utilisent les armes que leur ont fournies en abondance les États-Unis, le Pakistan et l’Arabie Saoudite pour lutter contre les Soviétiques. Kaboul est bombardé à plusieurs reprises, les morts se comptent par dizaines de milliers. Le climat de violence, d’anarchie et de corruption qui règne alors explique la popularité du mouvement des talibans qui proposent un retour à l’ordre par l’application stricte de la loi religieuse..

1996 : l’arrivée des talibans

Soutenus par le Pakistan, les talibans s’emparent de Kaboul le 27 septembre et instaurent un régime islamiste dirigé par le mollah Omar. Deux ans plus tard, le 20 août 1998, ils conquièrent la dernière grande ville du pays qui leur échappait encore : Mazar-e-Sharif. Avec eux s’ouvre le temps de la terreur et de l’intolérance au nom d’un islamisme radical.

La plus grande force de résistance aux talibans reste l’Alliance du Nord, retranchée dans le nord-est du pays et dirigée par le commandant Massoud.

Le 20 août 1998, en représailles aux attentats commis contre leurs ambassades en Tanzanie et au Kenya, les États-Unis bombardent les camps d’entraînement d’Oussama Ben Laden en Afghanistan, où ce milliardaire saoudien, chef du puissant réseau terroriste Al-Qaida, a trouvé refuge auprès des talibans. Le 6 juillet 1999, les États-Unis prennent des sanctions contre le régime taliban. Le 19 décembre 2000, l’ONU impose de nouvelles sanctions.

2001 : les événements se précipitent

Le 9 septembre, le commandant Massoud est assassiné lors d’un attentat suicide perpétré par deux faux journalistes islamistes. Le 11 septembre, les attentats terroristes sans précédent perpétrés aux États-Unis engendrent une guerre contre le régime taliban en Afghanistan en raison des liens avec  Oussama Ben Laden le responsable des attaques.

Le 7 octobre débutent les frappes militaires des forces américaines et de l’OTAN en Afghanistan.  Le régime des talibans s’effondre deux mois plus tard.

En décembre à Berlin, une réunion, sous l’égide de l’ONU, nomme Hamid Karzaï à la tête d’un gouvernement de transition. De nombreux réfugiés rentrent dans leur pays.

Depuis 2002, la situation peine à se stabiliser. L’insécurité demeure dans des régions hors de contrôle du gouvernement et les attentats contre les armées occidentales, américaines et afghanes ne cessent pas. Les dirigeants politiques afghans font aussi l’objet de nombreuses tentatives d’assassinat. Depuis 2005,  avec le retour des talibans dans certaines régions, un contexte de guérilla se développe et les combats font de nombreux morts.

Les élections prévues pour l’été 2009 s’annoncent décisives pour l’avenir de l’Afghanistan. En effet de nombreuses questions comme la présence des troupes de l’OTAN, la sécurité dans les provinces et les droits des femmes demeurent des enjeux majeurs dans le pays.

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